La première chaîne a diffusé dimanche soir dans l’émission « Sept à Huit » des extraits d’enregistrements audio du siège du domicile de Mohammed Merah, on y entendait le tueur parler calmement de ses crimes ainsi que de ses projets criminels à la police. Ces enregistrements ont engendré la réaction rapide des familles des victimes qui ont décidé de porter plainte contre TF1. Elles ont été choquées par les propos de celui qu’on appelle désormais « le tueur au scooter ». Quant au CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), il a communiqué une mise en garde à la chaîne qui justifie cette diffusion au nom du droit à l’information. Cette dernière a affirmé avoir eu accès à 4 heures et demi d’enregistrements.

Pour rappel, le siège avait duré 32 heures et s’était soldé par la mort du tueur

Alors que cet enregistrement est placé sous scellé au nom du caractère secret de l’instruction, les avocats des parties eux même n’en avaient pas reçu de copie, afin d’empêcher les fuites. Les scellés quant à eux ne sont détenus que par la police scientifique et les intervenants dans l’enquête qui sont la Direction centrale du renseignement intérieur et la sous-direction antiterroriste.

Lundi, l’avocat de la famille d’Imad Ibn Ziaten a déclaré qu’il était légitime de se demander qui des services avaient intérêt à ce que l’enregistrement soit mis à disposition de la presse.

La société de production Eléphant & Cie qui détient les copies a reçu lundi la visite de « la police des polices » l’IGPN pour la restitution de l’enregistrement, ce qu’elle a refusé de faire.

Une enquête préliminaire a été ouverte dimanche juste après la diffusion de l’enregistrement. Elle découlera inévitablement sur une information judiciaire, car celle-ci verra l’implication d’un juge d’instruction.